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En attendant, découvrez "Passeur de mots, passeur de notes", une visite guidée à travers une sélection de poèmes puis de morceaux pour piano, avec les liens Youtube correspondants.
Laurent Nogatchewsky

Passeur de notes, passeur de mots :
une visite guidée en 4 étapes

Quelques mots en guise d’introduction

Tout le monde est là ? OK. Je vous invite donc à me suivre parmi une poignée d’œuvres musicales et poétiques, que j’ai eu la chance de pouvoir enregistrer ces dernières années. Quelques unes d’entre elles sont assez célèbres, comme vous pourrez le constater, d’autres le sont un peu moins. J’assume le caractère essentiellement subjectif de mes choix, mais j’ai malgré tout essayé de conserver une certaine variété de tons et d’époques au fil de la visite.

Si vous l’acceptez, je vous suggère de vous laisser emmener par une seule chose : mon désir de partager simplement avec tous ceux qui le souhaitent, ma passion pour la musique et la poésie. Ici, je vais tenter de vous apporter, par petites touches brèves et légères, quelques clés notamment liées au contexte de chacune des œuvres, ce qui donne parfois un premier éclairage sur ce que nous ont livré poètes et compositeurs à travers leurs mots et leurs notes.

Et la rémunération du guide, me direz-vous ? Je vais quand même en dire juste deux mots. Comme vous le savez, je suis non-voyant, handicap clairement reconnu par l’état qui y pallie à sa manière (financière). Soutien précieux qui me permet de vivre, et grâce auquel j’apporte du même coup ma contribution bénévole à la société, en transmettant, de différentes manières, une petite partie de notre patrimoine culturel. Cercle plutôt vertueux, il me semble, non ?

Voilà, maintenant vous savez tout, ou presque… J’en reviens donc à la principale raison de ma présence parmi vous : cette proposition de visite virtuelle pour ainsi dire. Allez, mon discours d’introduction n’a que trop duré, mettons-nous enfin en route pour commencer la visite ! Je sens qu’il y en a déjà un certain nombre qui trépigne d’impatience, et je les comprends… Alors en route ! Suivez-moi, c’est par ici !

Passeur de notes étape 1 :
quelques compositeurs

Laurent Nogatchewsky en studio

Je vous propose de débuter par un morceau de Jean-Sébastien Bach. Oui, Bach, difficile de ne pas commencer par lui, le dieu des musiciens, ou tout du moins le père de la musique occidentale moderne. Cette « Sicilienne » est une œuvre sobre et d’une certaine pureté, qui représente assez bien le style de l’immense compositeur. Écoutez : vous aurez peut-être l’impression d’entendre un calme fleuve de notes ininterrompues, qui coule avec limpidité.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Sicilienne - Sonate BWV 1031, de Jean-Sébastien Bach"Sicilienne - Sonate BWV 1031, de Jean-Sébastien Bach

Autre style, autre époque, avec « Asturias », envoûtante escapade en Espagne, menée par Isaac Albéniz. Vous le sentirez probablement, il a voulu imiter le son d’une guitare, instrument cher à son pays natal. Côté jeu pianistique, l’imitation de la guitare n’est pas de tout repos, comme vous le verrez peut-être… D’abord un passage relativement vif et rythmé, puis une deuxième partie plus lente et nostalgique, et enfin le retour du thème initial.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Asturias - Suite Espagnole opus 47, de Isaac Albéniz"Asturias - Suite Espagnole opus 47, de Isaac Albéniz

Voici à présent le troisième et dernier mouvement de la « Sonate Pathétique » de Ludwig Van Beethoven. Avec cette œuvre, on a beau être encore au début de sa carrière de compositeur, on peut déjà percevoir l’énergie, la tension et la puissance qui ne vont cesser de se déployer au fur et à mesure de ses compositions suivantes. Aucun doute, il reste le précurseur génial de toute la musique romantique qui va irriguer le 19ème siècle. Vous m’en direz des nouvelles.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Troisième mouvement de la Sonate Pathétique - opus 13, de Ludwig Van Beethoven"Troisième mouvement de la Sonate Pathétique - opus 13, de Ludwig Van Beethoven

Chopin, enfin ! On ne pouvait pas parler plus longtemps de musique pour piano sans prononcer son nom, et écouter une de ses œuvres. Celle-ci est son « Deuxième nocturne », un de ses plus célèbres aussi. Grâce, douceur et élégance, pour un morceau qui a longtemps été (aux yeux des réfractaires au romantisme) le préféré des demoiselles de bonnes familles. Mais écoutez-le plutôt, je suis sûr que vous allez le reconnaître dès les premières notes.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Deuxième nocturne - opus 9, de Frédéric Chopin"Deuxième nocturne - opus 9, de Frédéric Chopin

Quittons un instant la musique romantique (qui pour certains débordent un peu trop d’affectation), pour une incursion bienvenue parmi les compositeurs souvent qualifiés d’impressionnistes, et l’un des plus fameux d’entre eux, j’ai nommé Claude Debussy. Si vous cherchez un morceau pour accompagner quelques minutes de rêverie, écoutez sans plus attendre cette « Première arabesque », et bon voyage parmi vos songes !

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Première arabesque, de Claude Debussy"Première arabesque, de Claude Debussy

Je vous invite maintenant à revenir au début de l’époque romantique, avec un morceau sans grande prétention de Frantz Schubert, sans prétention mais ô combien touchant ! Impossible (à moins d’avoir le cœur totalement insensible…) que vous ne vous laissiez pas attendrir par cette « Mélodie Hongroise » simple et si inspirée… Schubert a décidément le don de créer, avec seulement quelques notes, un thème de portée universelle.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Mélodie Hongroise - D. 817, de Franz Schubert"Mélodie Hongroise - D. 817, de Franz Schubert

Pour la suite, direction le 18ème siècle, avec « Les Sauvages » de Jean-Philippe Rameau. Non, au risque de vous décevoir, et contrairement à ce que pourrait annoncer le titre, ne vous attendez pas à un morceau totalement déjanté ! On est ici au siècle de la raison, ne l’oublions pas, même pour la musique... Ceci dit, ne renoncez pas à l’écoute : vous entendrez peut-être une certaine forme de sauvagerie, mais une sauvagerie à la sauce ancien régime.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Les Sauvages - Les Indes Galantes, de Jean-Philippe Rameau"Les Sauvages - Les Indes Galantes, de Jean-Philippe Rameau

Je vous propose maintenant un des plus célèbres morceaux de Camille Saint-Saëns. Avec cette courte mélodie, « Le Cygne », particulièrement bien trouvée, il a voulu nous dépeindre les mouvements toujours élégants du bel animal. Avouez qu’il n’y a pas beaucoup d’efforts d’imagination à fournir pour se représenter, en entendant cette œuvre, la délicatesse d’un cygne évoluant paisiblement sur un étang au milieu des roseaux.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Le Cygne - Le Carnaval des animaux, de Camille Saint-Saëns"Le Cygne - Le Carnaval des animaux, de Camille Saint-Saëns

Et voici de nouveau Chopin qui nous fait l’honneur d’un autre morceau ! Il s’agit cette fois d’une valse, communément surnommée la « Valse de l'adieu ». Ce cher Chopin n’a pas souhaité la voir éditer de son vivant. Pourquoi ? Peut-être la trouvait-il un peu simple. En tous cas, écoutez-là, et je suis presque certain que vous serez d’accord avec moi : il eut été bien dommage qu’elle reste à jamais au fond d’un tiroir, non ?

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Valse de l'adieu - opus 69, de Frédéric Chopin"Valse de l'adieu - opus 69, de Frédéric Chopin

S’il y a bien un morceau du répertoire pour piano qui crée un climat de recueillement propre aux adieux, mais aux adieux définitifs, ceux qu’on adresse à nos chers disparus, c’est à coup sûr celui-ci. Plus besoin de le présenter même, tant son introduction est connue de tous ! Une véritable marche funèbre, qui sert de premier mouvement à l’emblématique « Sonate au Clair de lune ». Écoutez, vous connaissez sans aucun doute !

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Premier mouvement de la Sonate au Clair de lune - opus 27, de Ludwig Van Beethoven"Premier mouvement de la Sonate au Clair de lune - opus 27, de Ludwig Van Beethoven

Tenez, pour poursuivre notre visite, Robert Schumann en personne est à présent là devant nous, et vous tend la main ! Laissez-vous embarquer au sein de son « Carnaval », grande œuvre où chaque morceau qui s’enchaîne représente quelqu’un d’important dans sa vie. Ici, il lui suffit d’une poignée de notes pour nous faire en quelque sorte le portrait musical d’un invité de marque, monsieur Frédéric Chopin s’il vous plaît.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Chopin, Carnaval Opus 9, de Robert Schumann"Chopin, Carnaval Opus 9, de Robert Schumann

Chopin, encore lui, justement ! Je m’excuse pour ceux d’entre vous qui ne l’apprécient que très modérément, mais difficile d’être pianiste et ne pas le mettre à l’honneur, lui qui a consacré sa vie entière au piano ! Écoutez un de ses vingt-quatre préludes, le succin mais non moins mélancolique quatrième, ou comment, avec si peu de notes et en si peu de temps, ce génie de la mélodie parvient à créer une atmosphère tragique aussi palpable.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Quatrième prélude - opus 28, de Frédéric Chopin"Quatrième prélude - opus 28, de Frédéric Chopin

Passeur de notes étape 2 :
autour du piano dans la rue

Laurent Nogatchewsky dans les rues de Toulouse

Comme vous le savez (c’est d’ailleurs ainsi que beaucoup d’entre vous m’ont découvert), j’ai joué du piano dans les rues de Toulouse durant cinq ans, de décembre 2014 à décembre 2019 exactement. Pour évoquer cette aventure, il fallait bien qu’on réalise, un jour ou l’autre, une sorte de … official clip of piano in the street… Autrement dit une petite vidéo sur le piano ambulant. Ce fut chose faite au cours de l’été 2018, avec un soutien de taille : celui de ces bonnes vieilles températures caniculaires dont la ville rose a le secret ! Est-ce que ce clip reflète bien l’esprit de ma démarche ? Toujours est-il que les images sont visiblement réussies (enfin je suis mal placé pour l’affirmer vous me direz…). En revanche, il était plus simple pour l’équipe de tournage qu’il y ait peu de monde autour du piano, ce qui peut tout à fait se comprendre (pour des aspects purement techniques tout comme pour ces fameuses histoires de droits à l’image…). Mais cette contrainte oublie une part fondamentale du projet : les spectateurs, qui étaient parfois très nombreux autour du piano. Heureusement, plusieurs photos publiées sur mon site relatent davantage certains de ces moments privilégiés. Mais vous vous ferez votre propre opinion sur le clip.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Un piano dans Toulouse : rue Alsace-Lorraine, rive du Canal du Midi, places St-Etienne et St-Pierre"Un piano dans Toulouse : rue Alsace-Lorraine, rive du Canal du Midi, places St-Etienne et St-Pierre

Pour fêter les trois ans du piano dans la rue, on est parti grand angle : location d’une salle et d’un piano à queue (oui bon … pardon … un piano quart de queue). On ne va pas se mentir, j’ai excellé dans le choix de la date : un vendredi 22 décembre… Soir de vacances, et de vacances de Noël qui plus est ! Comment se tirer superbement une balle dans le pied, non ? Mais je m’étais cramponné à ma date parce que c’était l’anniversaire exact : trois ans jour pour jour que j’avais sorti mon piano dans la rue pour la première fois. La salle du Sénéchal, située non loin de la place du Capitole, comptait ce soir-là un peu moins d’une centaine de places occupées, et un peu plus d’une centaine de places vides… Succès disons … mitigé, mais encourageant pour un premier concert malgré tout. Et puis de toute façon (entre nous soit dit) absolument impossible de faire le poids face au père Noël ! Soir de vacances donc, et à l’écoute du concert, il semblerait que, moi le premier, je prenais déjà le train à grande vitesse pour une destination inconnue, étant donné l’excessive rapidité de mon jeu ce soir-là (effet du trac ai-je vraiment besoin de le préciser…). Voici un bref résumé de ce concert à travers quelques extraits choisis.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Trois ans de Piano dans la rue : extraits du concert anniversaire, Salle du Sénéchal, Toulouse 2017"Trois ans de Piano dans la rue : extraits du concert anniversaire, Salle du Sénéchal, Toulouse 2017

Deux ans plus tard, rebelote : même salle, même ambiance… On n’allait quand même pas passer à côté de l’anniversaire des cinq ans du piano dans la rue, surtout que c’était ma façon à moi de franchir aussi le cap de la quarantaine ! Cette fois, grande concertation autour de la date du concert, avant de jeter notre dévolu sur le vendredi 31 janvier. On a progressé (enfin surtout moi…) niveau communication, reconnaissez-le ! Et en effet : salle comble ! On a même dû refuser du monde (oui car j’ai oublié de vous dire que c’étaient des concerts à entrée libre, avec chapeau à la sortie : esprit piano dans la rue en somme). Cette fois, j’ai tenté de rester bien présent sur le quai (enfin plutôt sur scène), sans m’embarquer dans le premier express venu, entraîné par le trac… En revanche, ma main gauche, qui faisait des siennes depuis déjà quelques mois, s’en est donné à cœur joie ! Je vous prie de croire qu'elle a été bien réprimandée pour avoir impunément égratigné plusieurs belles oeuvres ce soir-là". J’ai d’ailleurs préféré garder de ce concert quelques extraits de mon long discours d’introduction, comme si j’avais été un peu plus à l’aise (et c’est assez surprenant pour être souligné…) dans mon expression orale que dans mon jeu pianistique…

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Moments choisis : 2020, cinq années d'une Odyssée Pianistique dans les rues de Toulouse et ailleurs"Moments choisis : 2020, cinq années d'une Odyssée Pianistique dans les rues de Toulouse et ailleurs

Voici (pour finir sur une certaine réussite quand même…) un concert donné en l’église de Prayssas, pour le festival des Rencontres Musicales Insolites. Il faut avouer qu’ils ont été servis pour la … rencontre insolite ! Pianiste aveugle, n’ayant jamais mis les pieds au conservatoire, et donnant l’essentiel de ses concerts dans la rue. Je crois que je rentrais dans les cases du festival (ou de son intitulé tout du moins) au-delà même de leurs espérances… Ce jour-là, je suis parvenu à laisser un peu derrière moi cette manie de bousculer le tempo à cause du trac, et je ne connaissais pas encore les conséquences si réjouissantes de la dystonie sur ma main gauche. De Jean-Sébastien Bach à Scott Joplin, j’ai pu faire découvrir au public l’intégralité de mon CD Odyssée Pianistique, avant de conclure sur un tango joué à fond de train en guise de bis. Là, si la machine s’est un peu emballée, c’est moins le trac je pense, que l’euphorie d’achever un concert dont j’étais, pour une fois, plutôt satisfait. Attention, préparez-vous : il s’agit ici de l’intégralité du concert, et pour ceux qui sont particulièrement attentifs au son, l’enregistrement a été effectué avec les moyens du bord, dans une église qui résonnait quand même beaucoup.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Concert pour le Festival Rencontres Musicales Insolites, église de Prayssas, Lot-et-Garonne, 2018"Concert pour le Festival Rencontres Musicales Insolites, église de Prayssas, Lot-et-Garonne, 2018

Passeur de mots étape 1 :
quelques poètes

Charles Baudelaire

Pour commencer, je vous invite à entendre un poème de Charles Baudelaire, mais pas forcément un de ses plus célèbres qu’on nous oblige parfois à apprendre à l’école. Non, là il s’agit de « La voix », texte qui répond à cette question que vous vous posez tous assurément : qu’est-ce qu’un poète d’abord ? Un incorrigible rêveur, et pas grand-chose de plus souvent… Mais écoutez Baudelaire qui l’exprime bien mieux.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "La voix, Charles Baudelaire"La voix, Charles Baudelaire

Voici maintenant Aragon, avec « J’arrive où je suis étranger », poème que vous connaissez peut-être, puisqu’il a été magistralement mis en musique et chanté par Jean Ferrat. Preuve qu’on peut dire avec quelques mots simples et une poignée d’images choisies, le caractère extrêmement précaire et éphémère de la vie humaine, le temps qui passe inexorablement, et l’être qui s’obstine malgré la vieillesse qui s’installe. Respect Louis pour ce poème !

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "J'arrive où je suis étranger, de Louis Aragon"J'arrive où je suis étranger, de Louis Aragon

Poursuivons avec l’emblématique « Bateau ivre » du non moins emblématique adolescent de génie de la poésie française, Arthur Rimbaud. Un poème singulier, étrange, fascinant, qui aura suscité tant et tant d’interprétations et de commentaires. On pourrait en parler des heures entières, le mieux c’est que vous vous fassiez votre propre idée en plongeant dans l’écoute de ces cent alexandrins devenus cultes.

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A présent, un poème de Marceline Desbordes-Valmore, « Les séparés », que Julien Clerc a su mettre brillamment en musique, pour ensuite le chanter en s’accompagnant de quelques arpèges au piano. On a tous vécu une rupture amoureuse et, par là-même, traversé les profondes souffrances qui s’en suivent. Si les mots nous manquent parfois dans ces moments-là, écoutez ces vers. Ne sont-ils pas d’une justesse désarmante ?

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Les séparés, de Marceline Desbordes-Valmore"Les séparés, de Marceline Desbordes-Valmore

Toute autre époque et toute autre ambiance, avec un très court poème de Clément Marot qu’il adresse à une femme désignée sous le nom équivoque de … grande amie. Attention ! Ayez conscience que ce texte nous vient tout droit de la première moitié du 16ème siècle ! Les tournures sont donc un peu inhabituelles, mais les sous-entendus ont traversé le temps : je suis sûr que vous le percevrez entre les lignes…

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Pour la suite, je vous propose de revenir sans plus attendre au 19ème siècle, âge d’or de la poésie s’il en est, pour retrouver un poème d’Alphonse de Lamartine, « L’isolement », dont est extrait un des plus fameux alexandrins de toute la langue française, ni plus ni moins ! Écoutez-le se lamenter, mais se lamenter avec un talent incontestable, sur la perte d'un être cher. Aucun doute, on est là en plein romantisme !

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Découvrons maintenant l’univers particulier de Gérard de Nerval. S’il y a un poète qui a littéralement fini par s’abîmer dans la rêverie, c’est bien lui ! Dans ce poème justement, intitulé sobrement « Fantaisie », vous allez pouvoir le constater par vous-même : il ne lui faut visiblement que quelques notes de musique pour que son imaginaire s’emballe et le fasse partir loin, très loin.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Fantaisie, de Gérard de Nerval"Fantaisie, de Gérard de Nerval

Après le cocon rassurant du rêve, je préfère vous prévenir, on risque de revenir assez brutalement à la réalité, avec le poème sans doute le plus célèbre de Jacques Prévert, j’ai nommé « Barbara ». Oui, tout le drame de la guerre, celle de 39-45 en l’occurrence ici. Un texte en forme de … avant/après, qui rend si palpable le désastre de ce conflit mondial, et dont la violence a ébranlé irrémédiablement tant d’existences humaines.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Barbara, de Jacques Prévert"Barbara, de Jacques Prévert

Je vous rassure, avec Sully Prudhomme et son poème « Le vase brisé », on va vite s’éloigner de la guerre. Effectivement me direz-vous, s’il est bel et bien question d’un simple vase s’étant malencontreusement retrouvé en miettes, on est loin de 39-45 ! En réalité, c’est un détour, une métaphore comme on dit : le vase c’est pour mieux parler du cœur… Mais vous comprendrez de suite à l’écoute du texte.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Le vase brisé, de Sully Prudhomme"Le vase brisé, de Sully Prudhomme

Voici à présent un long poème qui nous raconte une histoire, celle de quelques chasseurs qui, partis en forêt pour chasser le loup, finissent par le trouver, puis le tuer. Non, inutile de vous scandaliser, je ne prends pas un malin plaisir à vous révéler la fin... le titre dit déjà tout : « La mort du loup ». L’intérêt majeur du texte est plus loin : vous découvrirez ce que Vigny pense lire dans les yeux du grand mammifère mourant.

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Passons (sans transition aucune) de la poésie narrative d’Alfred de Vigny, à la poésie surréaliste de Paul Eluard. Dans ce bref poème intitulé simplement « L’amoureuse », tout n’est peut-être pas compréhensible au premier abord et dans les moindres détails je vous l’accorde, mais peu importe après tout. Vous sentirez certainement l’obsession de l’être aimé au beau milieu de l’état amoureux. Écoutez, le poète aime.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "L'amoureuse, de Paul Eluard"L'amoureuse, de Paul Eluard

Hugo, enfin ! Il était temps me direz-vous ! Il fallait bien faire une place au plus illustre écrivain-poète que la France ait connu. Parmi ses innombrables poèmes, je vous propose « Après la bataille », ou comment, avec une vingtaine de vers seulement, ce sensationnel Hugo parvient à relater une anecdote avec une plume si vivante, tout en insérant un alexandrin devenu aussi familier qu’un proverbe. Chapeau bas Victor !

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Après la bataille, de Victor Hugo"Après la bataille, de Victor Hugo

Non, je n’ai pas oublié Verlaine non plus ! Le voilà qui nous partage, dans « Kaléidoscope », sa vision d’un futur vague et idéalisé ; sorte de lendemains qui chantent, entre rêve et réalité. Un poème saturé d’impressions variées, qui fera peut-être dire aux plus cartésiens d’entre vous, qu’il n’a pas dû être écrit sous la seule influence d’un simple verre d’eau plate… Écoutez et jugez par vous-même.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Kaléidoscope, de Paul Verlaine"Kaléidoscope, de Paul Verlaine

Charles d’Orléans va se charger de nous faire revenir sur terre, dans ce court poème évoquant l’arrivée du printemps. Rendez-vous compte, ce texte, « Le temps », nous vient de la fin du moyen-âge ! Bien des choses ont changé depuis, mais un printemps reste un printemps, non ? Faites abstraction de quelques mots surannés, et laissez-vous toucher par la voix d’un poète qui vous parle du fond de son 15ème siècle.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Le temps, de Charles d'Orléans"Le temps, de Charles d'Orléans

Voici à présent Théophile Gautier et son poème « Le pot de fleur ». Après les vers précédents saluant le printemps, on reste dans l’ambiance champêtre me direz-vous. Oui… Oui et non… Vous allez constater que le pot de fleur n’est qu’un prétexte, une image concrète pour incarner une impression plus abstraite. Vous voulez savoir que peut bien représenter un banal pot de fleur ? Il vous suffit d’écouter le poème.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Le pot de fleur, de Théophile Gautier"Le pot de fleur, de Théophile Gautier

Poursuivons avec une véritable envolée lyrique, signée Théodore de Banville. Dans ce poème, « Le saut du tremplin », vous ferez la connaissance d’un personnage attachant, un clown qui n’a qu’une seule et unique obsession : allez, allez toujours plus haut. Un Icare des temps modernes en quelque sorte… Va-t-il se brûler lui aussi les ailes, dévoré par son désir d’azur ? Vous le saurez en découvrant le texte.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Le saut du tremplin, de Théodore de Banville"Le saut du tremplin, de Théodore de Banville

Prenez garde, la chute risque d’être brutale… On tombe maintenant au cœur des tranchées de 14-18, avec Guillaume Apollinaire qui écrit, depuis le front, ce poème passionné à la femme qu’il aime, surnommée Lou. Impossible pour lui de ne pas penser à la mort (comment pourrait-il en être autrement d’ailleurs…). Et c’est justement sa mort qui est le point de départ de son texte. Écoutez son exaltation.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Si je mourais là-bas, de Guillaume Apollinaire"Si je mourais là-bas, de Guillaume Apollinaire

Retournons à nouveau au 19ème siècle, auprès d’un des plus fameux poètes romantiques, Alfred de Musset bien sûr. Dans ce court poème intitulé « Tristesse », un de ses plus célèbres, il fait pour ainsi dire un rapide bilan de sa vie, et (qu’en attendre d’autre me direz-vous étant donné le titre…), il faut bien reconnaître que le constat est loin d’être très réjouissant… Écoutez-le, et dites-moi si je me trompe.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Tristesse, d'Alfred de Musset"Tristesse, d'Alfred de Musset

Passeur de mots étape 2 :
la poésie en chanson

Claude Nougaro

Comment débuter autrement qu’avec Claude Nougaro, et son hommage incomparable à sa chère cité gasconne ! En écrivant « Toulouse », il plonge dans ses souvenirs, et déambule dans sa ville natale, nous la décrivant avec toute la verve et la poésie qui le caractérisent. C’est comme si on y était ! Je peux d’autant plus vous le dire que j’y suis justement… Écoutez, et vous retomberez amoureux de la ville rose.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Toulouse, de Claude Nougaro"Toulouse, de Claude Nougaro

Voici à présent quelques mots chargés d’une certaine amertume, qui sont inspirés par une rupture amoureuse récente. Dans « La vie d’artiste », Léo Ferré s’adresse, parfois avec un soupçon d’ironie, à celle qu’il a aimée. Écoutez le don qu’il a pour tracer, en une poignée de vers cinglants, l’échec d’une histoire. Mais, entendez aussi sa volonté de dépasser cette rupture douloureuse, en réaffirmant sa vocation d’artiste.

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Vous appréciez la lucidité dans des textes poétiques ? Vous allez être servis avec « C’est peut-être » de Allain Leprest… De sa plume acérée, il décrit quelques enfants, et imagine ce qu’ils pourraient devenir… Ce qu’ils pourraient devenir, oui, mais ne deviendront certainement jamais, étant donné tout le poids des déterminismes sociaux, culturels et autres. Écoutez ce texte, n’est-il pas tragiquement juste ?

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Et maintenant, place à la grande dame en noir, Barbara bien sûr ! Aucun besoin de présenter ce texte, incontestablement l’un de ses plus connus « Dis quand reviendras-tu ». Ici, c’est avec une réelle sensibilité qu’elle se confie à l’homme qu’elle aime, qu’elle attend, qu’elle attend encore, mais qu’elle n’attendra pas toujours, croyez-le bien… Avec de tels mots, ne vous laisseriez-vous pas convaincre de revenir, vous ?

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Plus un instant à perdre avant de retrouver Brassens évidemment, personnage indissociable de la chanson poétique s’il en est ! Parmi ses nombreux textes, voici « Supplique pour être enterré à la plage de Sète ». Avec toute la virtuosité de sa plume, et son humour pince-sans-rire, il expose son souhait de reposer en paix sur la chère plage de son enfance, une fois la mort venue. Écoutez donc ce grand Georges.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Supplique pour être enterré à la plage de Sète, de Georges Brassens"Supplique pour être enterré à la plage de Sète, de Georges Brassens

Pour terminer, je vous propose un texte de Bernard Dimey, auteur du célèbre « Syracuse », chanté par Henri Salvador. Écoutez-le ici, dans « Si tu me paye un verre », s’adresser directement à vous, au gré de vers truculents et généreux, dans l’espoir de partager un verre, ou plus… Simplement être là, présents, comme en tête à tête avec un bon camarade, parler ou se taire, mais vivre ce moment d’homme à homme, d’être humain à être humain.

Cliquer pour lancer la lecture de la vidéo "Si tu me payes un verre, de Bernard Dimey"Si tu me payes un verre, de Bernard Dimey

Quelques mots en guise de conclusion

Ainsi s’achève notre visite, en compagnie de ces œuvres, faites de notes et de mots, et de tout ce que poètes et compositeurs ont su leur insuffler, les gardant vivantes à travers le temps. J’espère que cette déambulation musicale et poétique vous aura plu, et que mes brefs commentaires vous aurons peut-être permis d’approcher un peu autrement poèmes et morceaux de musique classique présentés ici.

Si un de ces textes poétiques ou un de ces airs de piano vous a plus particulièrement touché, si vous avez eu l’impression qu’une de ces œuvres vous a parlé plus directement, mon objectif est atteint. Sachez que, pour ma part, j’ai été ravi de ce moment où j’ai pu partager le cœur de ce qui donne un sens à ma vie. Je conclurai juste en vous disant un grand merci pour votre présence et votre attention.

Laurent Nogatchewsky

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